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Focus sur la filière de la mécanique automobile : une pénurie de candidats inquiétante ?

Ve 01 Juin 2018 |
Photo Focus sur la filière de la mécanique automobile : une pénurie de candidats inquiétante ?

Beaucoup d'entreprises en France recherchent activement des professionnels de la mécanique… mais n’en trouvent pas.

Face à ce problème auquel nous sommes confrontés quotidiennement chez Mecajob, nous nous sommes posés quelques-unes des principales questions qui ressortaient de ce constat pour essayer d’y apporter quelques éléments de réponses…

Combien y-a-t-il de postes à pourvoir à l’échelle nationale ?
Difficile d’établir un chiffre précis mais si nous nous fions au volume d’annonces actuellement diffusées sur Mecajob ou Pole Emploi, des milliers assurément (voir des dizaines de milliers selon nos estimations officieuses…) et à tous les postes : mécanicien, technicien diagnostic, réceptionnaire ou chef d’atelier.

Quelles sont les conséquences de cette pénurie de professionnels dans les ateliers ?
Du stress en interne, des standards de qualité difficiles à respecter et des délais de réparations qui s’allongent pour les clients.

Comment expliquer ce manque de professionnels qualifiés ?
Alors que l’automobile continue de faire rêver et que certaines filières techniques ou artisanales attirent de nouveau les jeunes, un seul et unique constat : le problème ne date pas d’hier ! Il aurait fallu que la branche automobile réagisse plus tôt et lance « un plan ORSEC de communication auprès des jeunes » il y a bien longtemps…Les louables actions mises en place dernièrement ne sont clairement pas suffisantes.

Existe-t-il un problème d’image auprès des jeunes ?
Les idées reçues ont de beaux jours devant elles ! L’équipe de Mecajob était présente sur un salon de l’orientation post 3° le mois dernier. A la rencontre des élèves… mais surtout des parents. Extraits choisis : « L’automobile ? Surement pas, les usines ferment, bientôt toutes les voitures seront électriques… je ne vois pas ce que mes enfants iraient faire dans ce secteur ! » Autres parents, autre registre : « Il veut être mécanicien… mais quelle idée alors qu’il a des bonnes notes. Passer ses journées à faire des vidanges, quel gâchis ! » Autant vous dire que nous sommes restés à plusieurs reprises littéralement bouches bées.
L’image du secteur des services automobile n’est pas bonne et un amalgame avec celui de l’industrie est régulièrement fait. Les licenciements chez Renault ou PSA n’ont pourtant rien à voir avec le secteur des concessionnaires, agents, garagistes ou centres auto… que le grand public connait et fréquente pourtant !
Années après années, nous constatons chez Mecajob que le métier de mécanicien automobile n’attire pas. Un professeur de mécanique nous faisait cette confidence : « en CAP sur 20 élèves j’en ai 2-3 qui sont là par choix. Les autres… non. »

Une vision du métier de mécanicien écornée par les médias ?
Pourquoi n’y aurait-t-il pas une émission sur M6 vantant les mérites des mécaniciens au même titre que celles qui s’articulent autour des métiers d’agents immobilier ou de chefs cuisinier ? Les budgets publicitaires des constructeurs ne sont pourtant pas anodins. A quand un « Top mécanicien » sur le modèle d’un « Top chef » par exemple. Le mécanicien dans les médias ? A de rares exceptions, on le voit surtout apparaitre dans des reportages axés consumérisme, le visage flouté en train d’arnaquer les clients. Pour le reste, il est quasi absent des émissions de tv phares sur l’automobile telles que « Top Gear » ou « Turbo », dans lesquelles interviennent le plus souvent les personnes des services commerce ou marketing des constructeurs et distributeurs !

Le métier est-il intéressant ?
Un Bac pro mécanique auto offre des perspectives que peu d’autres diplômes du même niveau proposent. « Les meilleurs éléments une fois diplômés évoluent vite en chef d’équipe ou chef d’atelier. Difficile ensuite de leur demander de retourner à l’atelier, c’est aussi ça le problème. » nous précise même ce chasseur de tête
En plus des évolutions techniques qui rendent le métier toujours plus passionnant pour les férus de technologie, il est à noter bon nombre de « nouveaux métiers » comme inspecteur technique pour des start up telles que Kyump ou mécanicien de sa propre unité mobile, exemple avec Best’Oil. Les assureurs et garantisseurs recrutent aussi régulièrement des mécaniciens sédentaires pour leurs plateformes techniques. En bref, une fois diplômé et après une première expérience, le choix est vaste !

Quid des salaires et des évolutions ?
« La rareté a un prix. » Voici une phrase que nous entendons de plus en plus régulièrement dans la bouche des recruteurs du secteur. « Un jeune technicien diagnostic qualifié avec quelques années d’expérience qui veut partir…je peux vous dire que nos concessionnaires vont tout faire pour le retenir » nous disait en off le responsable après-vente d’un constructeur automobile d’une marque généraliste, il y a peu dans les allées d’Equip’auto. Pas de chiffres précis à donner mais les bons éléments peuvent être ambitieux et surs d’eux, aussi bien en termes de rémunération que d’évolutions. A bon entendeur !

Le PL, l’agricole, le TP à l’affut des mécaniciens auto ?
Si dans ces secteur les connaissances dans le domaine de l’hydraulique sont indispensables, les recruteurs font de plus en plus les yeux doux aux mécaniciens automobiles (voir le témoignage de cet ex réceptionnaire auto passé dans le secteur agricole et heureux) et leur offrent sur un plateau formation, salaire et conditions de travail car la pénurie y est encore plus inquiétante. « Il s’agit de secteurs peu glamours mais où les ateliers sont généralement très bien équipés et le matériel de haute technologie » nous précise ce recruteur spécialisé dans le secteur.

Quel avenir pour le métier ?
De plus en plus d’ateliers font du travail à la tâche qui n’oblige pas à avoir du personnel très qualifié…un « spécialiste » de telle ou telle action...mais un système qui a aussi beaucoup beaucoup de limites ! » nous indique ce dirigeant d’un cabinet de recrutement spécialisé qui précise que « avec les évolutions du moteur thermique, de l’électronique, l’arrivée des voitures électriques il faut des techniciens toujours plus qualifiés et à la tête autant bien faîte que bien pleine ! »

Alors peut-on encore recruter des professionnels de la mécanique auto en 2018 ?
« Oui, oui et oui ! Il y a des diplômés qui sortent des écolent tous les ans et des gens en poste passionnés par leur métier. Comme tout le monde, ils ont des smartphones et des ordinateurs, regardent les offres d’emploi et s’informent. Je peux vous dire que quand nous publions sur nos réseaux sociaux ou dans notre newsletter un article avec le mot « salaire » nous avons des clics et cela veut tout dire ! Le principal problème de ceux qui en ont à recruter vient d’eux, leurs offres ne font pas rêver et ils ne font rien pour rectifier le tir ! Nous savons comment faire pour aller chercher les bons profils ! Il faut y mettre les moyens mais surtout écrire des annonces qui les fassent un minimum rêver » précise Leslie Dessalle PDG de VO Infos éditeur des sites emploi VO RH, Mecajob et Carrosseriejob.

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